• Qui est Louis VEUILLOT dans l'Histoire de France ?

    Louis François VEUILLOT, homme de lettresFils d'un tonnelier, et toute sa vie demeuré fidèle à ses origines populaires, Louis Veuillot a été en France le véritable fondateur du journalisme catholique, auquel il contribua à donner son goût durable pour la polémique, en un temps, il est vrai, où ce journalisme était loin d'en avoir le monopole. On a peine à imaginer aujourd'hui le rôle si longtemps joué par ce simple laïc, pratiquement autodidacte et ne possédant en tout cas aucun titre universitaire, sans position officielle, sans fortune personnelle, et l'influence qu'il a exercée simplement par la verve et le courage de sa plume, dont tous ses adversaires reconnaissaient le talent.

    Entré en 1839 au quotidien L'Univers, qui avait été fondé six ans plus tôt, après la condamnation de L'Avenir, pour donner un organe au parti ultramontain, Louis Veuillot en devient très vite l'âme et la tête, exerçant pendant quarante ans sur le clergé français une direction de conscience religieuse et politique, et lui inculquant une soumission absolue, non seulement aux enseignements qui venaient de Rome, mais même aux simples conseils du pape. Il eut des démêlés avec une partie de l'épiscopat (et put en l'occurrence compter sur le soutien de Pie IX) ; avec Montalembert et les catholiques libéraux ; avec l'Empire, auquel il s'était d'abord rallié et qui interdit son journal pendant plusieurs années ; avec la République, qui l'incita sur le tard à se dire monarchiste. On notera enfin que Veuillot a exercé une influence religieuse considérable au Canada français, où il a longtemps été un maître à écrire autant qu'un maître à penser.


    Source : Émile POULAT, « VEUILLOT LOUIS - (1813-1883) », Encyclopædia Universalis [en ligne], URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-veuillot/


    Où est-il dans mon arbre ?

    De quel façon ai-je pu l'ajouter aux branches de mon arbre ? Au départ, simple curiosité de ma part. En cherchant des cartes postales anciennes de Boynes, je suis tombée sur certaines qui montraient sa maison natale ou encore, la célébration de son centenaire, je me suis lancée sur des recherches rapides sur ce Louis VEUILLOT dont une place dans la commune de Boynes porte d'ailleurs le nom.
    Et quand j'ai vu que sa grand-mère maternelle était une BOURASSIN native de Givraines... et bien il y avait de fortes chances que je puisse le replacer dans mon arbre étant donné le fort taux d'implexes/de cousinages dans cette commune.

    Je vous laisse regarder dans ce tableau simplifié pour voir de quelle façon il se raccorde à mon arbre, et au passage, notez les nombreux implexes (qui ne sont qu'une partie d'entre eux sur cette commune). Quand j'arriverais à tout mettre au clair, j'y reviendrais dans un autre article...

    Louis et Eugène VEUILLOT, hommes de lettres natifs de Boynes

     Quand mes aïeux oubliés écrivent leur propre histoire...

    Ce que j'ai découvert, c'est qu'il existe une énorme biographie de Louis VEUILLOT, écrite par Eugène, son frère, et "énorme" n'est pas peu dire, elle comporte 4 volumes, dont le premier compte 590 pages et le dernier 789 pages. Eugène Veuillot ne pourra terminer ce dernier volume, c'est son fils, François, qui achèvera à sa place cette biographie monumentale (dernier volume qui paraîtra en 1913). Cette biographie est pleine de petites anecdotes familiales, je me suis penchée sur les premières pages du premier volume, je vais me permettre de citer quelques passages, ce n'est pas si souvent que l'on peut citer des anecdotes sur des ancêtres si lointains.

    Ce sera bien la première fois que je rédigerais une chronique généalogique à quatre mains (en quelque sorte) avec un lointain cousin, qui est aussi le sujet de l'article en question. Je lui laisse donc l'écriture des anecdotes, et je les illustrerais avec mes recherches...

     Les parents et l'enfance de Louis et Eugène Veuillot

    Leur père, François Brice VEUILLOT n'est pas originaire du Loiret. C'est un tonnelier bourguignon, natif de Noyers dans l'Yonne. Il est donc arrivé à Boynes vers le milieu de l'année 1811, alors qu'il effectuait son tour de France (était-il un "Compagnon" ?), voilà ce qu'écrit Eugène , son fils, à son sujet :

    "Vers le milieu de l'an 1811 un ouvrier tonnelier, François Brice Veuillot, ne possédant au monde que ses outils, traversait Boynes, bourgade du Gâtinais ; il vit à la fenêtre, encadrée de chèvrefeuille, d'une humble maison, une belle robuste jeune fille qui travaillait en chantant; il ralentit sa marche, il tourna la tête, et, parti du département voisin pour faire son tour de France, il ne poussa pas sa route plus loin.

    Il y a des vignes à Boynes et il y faut des tonneaux. François Veuillot trouva de l'ouvrage. Garçon de force et de mine, connaissant à fond son état, laborieux à l'excès, il fut tout de suite estimé du patron. Le bon ouvrier était aussi un bon camarade, ennemi des querelles, mais prompt à soutenir le faible contre le fort et se privant volontiers du nécessaire pour donner à plus pauvre que lui. Joignez à ces dons un cœur affectueux et tranquille comme le sont les cœurs honnêtes qui jouissent avec innocence de leur vingt-cinq ans et vous comprendrez que l'avis du patron, sur le nouveau venu, fut bientôt celui de tous.

    Marguerite-Marianne Adam, la jeune fille dont l'aimable visage et le vigoureux aspect avaient arrêté François, ne fut pas des dernières à prendre de lui bonne opinion. Elle aussi, elle aimait le travail ; l'honneur brillait sur son front parmi les fleurs de la santé et de la jeunesse, un sens droit et ferme réglait ses discours, les fortunes étaient égales, les cœurs allaient de pair, le mariage se fit. (1)

    Louis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de Boynes
    Extrait de l'acte de mariage de François Brice VEUILLOT et Marie Madeleine ADAM

    Le mariage avec Marie-Madeleine ADAM est célébré le 11 octobre 1812. Assisteront à leurs noces,  deux amis de François, Pierre Aignan DARNEAU, un "garçon tonnelier" habitant à Intvilliers, un hameau de Givraines  et Ambroise FORTIER, un marchand de Pithiviers. Et également l'oncle de la mariée, Louis ADAM qui est cultivateur à Boynes, ainsi qu'un ami, François GAUDRON, maréchal-ferrant à Boynes.
    Il semblerait que Marie Madeleine ne se soit jamais fait appeler comme ça, puisque son propre fils la nomme "Marianne", mais ce n'est en soi qu'un détails. Beaucoup n'utilisait pas leur nom d'usage. J'apprends aussi  sur cet acte de mariage, le nom des parents du marié, son père s'appelait François-Brice VEUILLOT et était "meunier au moulin de la ville" de Noyers et sa mère s'appelait Jeanne PALNOT. Le père est décédé et la mère n'est pas présente au mariage de son fils, mais l'un et l'autre avaient donné leur consentement à cette union devant notaire le 31 janvier 1812.

    Le couple s'installe à Boynes, dans une maison qui existe encore aujourd'hui (bien qu'elle est un peu changée)

    Louis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de BoynesLouis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de Boynes 

    De leur union naîtra donc un premier fils qui, Bien qu'il soit connu sous les prénoms de Louis François Victor, et en réalité simplement baptisé, François VEUILLOT. Son père vient déclarer sa naissance à la mairie de Boynes, quatre heures après sa naissance, avec comme témoins Jacques ADAM, le grand-père alors âgé de 52 ans et Pierre TRIQUARD, un tailleur d'habits de 50 ans.

    Louis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de Boynes
    Extrait de l'acte de naissance de (Louis) François VEUILLOT - 1813 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Eugène continue...

     "L'enfant était robuste. A neuf mois, il marchait. Il parla de bonne heure et dénonça, très vite un caractère indépendant. Prompt à la révolte contre les menaces, il se montrait sensible aux douces paroles, sans s'y rendre toujours. Envoyé à l'école du village à quatre ans, il y reçut le petit livre classique, nommé alors « la Croix de Dieu » parce que l'alphabet y était surmonté d'une croix. Après la première leçon, Louis déchira la page qu'il avait lue, donnant pour raison qu'il ne voulait pas apprendre deux fois la même chose. On le gronda; il recommença dès le lendemain, et bien que puni sévèrement, il continua le même exercice les jours suivants. Pour mettre fin à ce ravage des Croix de Dieu et à cette lutte, l'oncle Louis Adam, charron de son état, le dota d'un abécédaire de nouvelle sorte : une planche en forme de raquette où les lettres de l'alphabet et les syllabes élémentaires étaient marquées à l'encre.
    La croix n'y manquait pas. L'écolier se fit aussitôt de ce livre une arme redoutable dont plusieurs de ses camarades sentirent le poids ; il fallut le lui enlever. Enfin Louis, corrigé ou convaincu, se soumit. Il devint très vite l'élève, non pas le plus tranquillement studieux, mais le plus instruit de la classe. Le maître déclara qu'il irait loin, et une femme des environs, réputée sorcière, annonça que, dans son genre, il serait un « empereur ». Notre mère, qui aimait la gloire, tout en riant de ce pronostic, se complaisait à le rappeler. Si on lui avait dit que son
    fils serait empereur en littérature et régnerait sur le journalisme, elle n'y aurait rien compris. Le journal n'existait pas en ce temps-là pour les ouvriers et les paysans." (2)

    Trois ans après sa naissance, le 18 janvier 1816, un second fils vient au monde à Boynes. Ses parents le nomme Christophe Eugène VEUILLOT. Un enfant qu'Eugène ne mentionne pas dans la biographie de son frère, sans doute parce que ni l'un l'autre n'a peut-être entendu parler de lui, car le petit Christophe ne vivra que quatre mois (son décès est déclaré le 29 mai 1816).

    Louis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de Boynes
    Acte de naissance de Christophe Eugène VEUILLOT - 1816 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Louis grandit à Boynes, et semble déjà avoir un caractère assez affirmé... 

    "(...) Un autre trait montrera combien, dès sa plus tendre enfance, Louis fut résolu. Le safran était alors, — peut être est-il encore, — un des principaux produits agricoles du Gâtinais. Pour que cette plante ait toute sa valeur marchande, il faut l'éplucher dès qu'elle est cueillie. Au moment de la récolte, chacun épluche donc en hâte du safran, et reçoit, pour ce travail, un bon salaire. Louis avait cinq ans ; on lui donna du safran à éplucher. Il fit merveille le premier jour, mais le lendemain, il déclara positivement qu'il ne travaillerait plus. Les instances, les promesses, les supplications, les menaces de sa mère, malade et au lit, furent inutiles. Voyant qu'on allait le fouetter, il se sauva en criant : « Je vais me jeter dans le puits de Barville. » Sa mère convaincue qu'il était de caractère à tenir cette menace se leva et courut après lui. Lorsqu'elle l'eut atteint, au lieu de le ramener à la maison, elle le prit par les deux jambes et, le suspendant au-dessus du puits, lui dit : « Regarde et promets-moi de ne jamais te jeter là-dedans. » Il le promit d'autant plus vite qu'il eut grand'peur. On ne put cependant le décider à éplucher de nouveau du safran." (3)

    Louis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de Boynes
    Environs de Pithiviers-en-Gâtinais : La récolte du safran - L'épluchage

    La même année, son frère Louis "Eugène" VEUILLOT nait à Boynes le 5 octobre 1818. A noter que lors de la déclaration, sa mère est nommée maintenant Marie Marguerite ADAM (ce qui explique sans doute pourquoi ses fils l'appelait "Marguerite Marianne".

    Louis et Eugène VEUILLOT, homme de lettres natifs de Boynes
    Acte de naissance de Louis "Eugène" VEUILLOT - 1818 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    "(...) Quelques semaines plus tard, François Veuillot et sa femme partaient pour Paris avec leurs deux enfants, Louis et Eugène (celui-ci avait deux mois) ; mais Louis fut ramené bientôt à Boynes chez son grand-père. Ce départ, sans pensée de retour, avait pour cause la faillite du principal négociant du pays, gros marchand de vin et de safran. Le jeune et laborieux ménage avait placé là tout son avoir : une dot de quelques centaines de francs, et les économies faites sur six ans d'un rude travail. Pour comble de malheur, François Veuillot, voulant être propriétaire, avait tout récemment acheté une petite maison qu'il fallut revendre, car on ne pouvait achever de la payer. C'était un désastre et une humiliation. « Ma mère qui avait l'âme fière et hautaine », a écrit Louis Veuillot, décida son mari à s'éloigner. Le travail ne manqua point, et, si l'existence fut dure, on n'eut jamais, en somme, d'inquiétude sur le lendemain.

    En restant à Boynes, Louis avait eu la meilleure part. Il vivait dans un tranquille pays, au bon air, chez de vieux parents relativement à l'aise et qui l'aimaient beaucoup. Il avait pour camarade des enfants élevés sans de grands soins, mais honnêtement, et certes beaucoup mieux qu'on ne l'était, même alors, dans la population ouvrière et les écoles mutuelles de Paris. Point de boutiques avec devantures chargées de malpropres images, rien de mauvais à lire : partout l'exemple du travail et de la vie régulière. On y entendait des paroles brutales, jamais de paroles impudiques." (4)

    Il resta ainsi 5 ans à Boynes avant de rejoindre définitivement ses parents et son jeune frère à Paris.

    Le voyage à Paris...

    "(...) Cinq ans s'étaient écoulés depuis que François Veuillot avait quitté le Gatinais. Habile ouvrier, et ouvrier courageux, il n'avait jamais chômé. Il travaillait à Bercy, chez un commissionnaire en vins qui occupait un nombreux personnel et avait de très vastes magasins, sous-
    loués la plupart à des négociants en gros. François devint premier ouvrier et gardien des magasins, ce qui lui valait une haute paie : trois francs cinq sous par jour au lieu de trois francs, le logement, du vin et du bois. C'était magnifique.

    Deux accidents avaient marqué pour Louis son séjour à Boynes : il s'était cassé le bras gauche et avait eu la petite vérole; il portait sur la figure de nombreuses marques du terrible mal. Quant au bras, il avait été bien remis et jamais il n'en souffrit. Les paysans, qui n'écrivent guère aujourd'hui, écrivaient encore moins à cette époque. Aussi le père et la mère n'avaient-ils point su combien leur enfant avait été malade. Ils apprirent après coup, et sans aucun détail, la maladie et la guérison.

    Louis étant bien rétabli, la tante Rosalie, que son commerce appelait deux fois par an à Paris, l'y amena. Ce fut, pour ce garçon d'une dizaine d'années, ne connaissant que le village natal, un charmant voyage. Il le fit, non en chemin de fer, chose inconnue alors, non en diligence, il n'y en avait pas encore de ce côté, non en patache, ce moyen de transport n'existant pas non plus pour Boynes et les environs, mais dans la carriole même de la tante Rosalie. Celle-ci avait à Beaumont une maison de nouveautés, de mercerie, etc., et venait s'approvisionner à Paris de marchandises qu'elle emportait dans sa propre voiture. Le cheval, escorté d'un chien, allait quelquefois au petit trot, souvent au pas; on faisait plusieurs arrêts dans la journée, on couchait à l'auberge et, en trois ou quatre jours, on était à Paris. C'est aujourd'hui l'affaire de trois ou quatre heures. Quel plaisir qu'un tel voyage pour un enfant vigoureux, leste, très éveillé, qui verrait, à l'arrivée, son père, sa mère, un petit frère inconnu et Paris.

    Une inquiétude, légère au début, mais qui grandissait à mesure qu'on approchait de Bercy, faisait ombre à cette joie. Louis savait combien la petite vérole avait abîmé son visage. Les mœurs sont rudes à la campagne et les propos s'en ressentent. Que de fois, depuis deux ou trois mois, on lui avait dit que s'il restait un garçon robuste et bien taillé, il n'était plus un joli garçon. Pour son compte, cela le troublait peu, mais il craignait que sa mère, qui ne s'attendait pas à le voir, ne le reconnût point... Il aurait voulu qu'elle fût avertie de son arrivée. Sauf lui, personne à Boynes ne pouvait avoir l idée d 'écrire une lettre et d'en dépenser le port (huit sous) dans un tel but.

    L'épreuve que Louis redoutait ne lui fut pas évitée. Lorsque la carriole entra dans la grande cour où était le logement paternel, notre mère s'écria : « C'est Rosalie », et me prenant par la main : « Viens vite voir ta tante! » Derrière la tante se tenait un enfant vêtu de gros drap lourdement façonné et coiffé d'un bonnet de coton bleu. — Quel est ce petit garçon? dit avec hésitation notre mère. — Tu ne le reconnais pas ! c'est Yeuillot! — Oh! qu'il est changé! s'écria-t-elle, avec une expression de douleur en l'attirant à elle. — Et Louis, l'air malheureux et craintif, les yeux pleins de larmes, répondit : Oui, maman, c'est moi! Elle l'embrassa en pleurant.

    Venu à Paris par occasion, et avant que son père et sa mère fussent décidés à le rappeler, Louis y resta. Il avait appris du maître d'école de Boynes tout ce que le brave homme pouvait enseigner : lire, écrire et compter."(5)

    Note : J'ai retrouvé "tante Rosalie", qui est la cadette de sa mère. Suzanne "Rosalie" ADAM est née le 16 janvier 1793 à Boynes (elle décèdera le 12 février 1840 à Beaumont-du-Gâtinais)


    C'est donc à Bercy que la famille est établie. La famille s'agrandira avec l'arrivée de deux filles. La première, Annette Eugénie VEUILLOT nait aux alentours de 1823, probablement à Bercy (XIIème arrondissement) puis Margueritte "Elisa" VEUILLOT le 8 mai 1825, dans le Xème arrondissement de Paris.

    Leur père, François Brice VEUILLOT, s'éteint le 15 mars 1839, à Bercy. Voilà comment son cadet raconte ce jour funeste :

    "Le 15 mars 1839, une grande douleur nous frappa. François Veuillot, notre bien-aimé et vénéré père, mourut. Il avait 54 ans. Sa robuste constitution semblait lui promettre de plus longues années. Et quel doux avenir conforme à ses goûts, nous rêvions de pouvoir lui faire bientôt! Mais un dur et constant travail avait miné ses forces ; une fièvre muqueuse, tardivement soignée, nous le prit en quelques jours.
    Notre père, élevé en dehors de toute pratique religieuse, n'avait cependant, grâce à Dieu, jamais été impie. Sans se rendre compte de la mission du prêtre, il lui témoignait du respect. La conversion de Louis, bien que, d'abord, elle l'eût troublé et même mécontenté, avait ensuite fortifié ce sentiment. Il se serait reproché de condamner la conduite de son fils aîné, de celui qu'il appelait non pas Louis mais "Veuillot" Ce sentiment ne le pénétrait pas assez cependant pour le conduire à l'église. Lorsque Louis, avec tendresse et réserve, doucement, timidement abordait ce terrain : — « C'est bon ! c'est bon ! nous causerons de cela plus tard », répondait le père. Le fils n'osait insister. Cette fois, la mort s'annonçait, elle était inévitable et prochaine. Mon frère, les yeux pleins de larmes et le cœur plein de courage, dit quelques mots de Dieu au mourant, puis courut chercher le prêtre. Il vint, et, après quelques minutes passées seul avec François Veuillot, put lui administrer les derniers sacrements. " (6)

    Louis et Eugène VEUILLOT, hommes de lettres natifs de Boynes
    Portrait de François Brice VEUILLOT -
    par Jacques-Emile LAFON


    Et ensuite ? La suite dans une prochaine chronique familiale....
    Je parlerais du mariage d'Eugène et de celui de Louis

     


    1- "Cette première page de la vie de Louis Veuillot est empruntée presque textuellement à l'un de ses livres de début: Rome et Lorette. Il a donné place dans ce livre à des souvenirs auxquels il faut se reporter, sans cependant tout y prendre à la lettre. Par son caractère et son but que j'expliquerai plus loin l'oeuvre appelait la fantaisie, et elle n'y manque point. L'histoire doit écarter ces fleurs de style et d'imagination pour s'en tenir aux faits. Mon frère a introduit, sous des formes diverses, quelque chose de sa vie dans presque tous ses ouvrages. J'y puiserai, en biographie bien informé." - Eugène VEUILLOT.

     2- Louis Veuillot, Tome 1 par Eugène Veuillot,  p. 2

    3- Louis Veuillot, Tome 1 par Eugène Veuillot, p. 3

    4- Louis Veuillot, Tome 1 par Eugène Veuillot, p. 4

    5- Louis Veuillot, Tome 1 par Eugène Veuillot, p. 7-8

    6-

     

     

     


    1 commentaire
  • Il y a quelques semaines je vous avais parlé d'un ancêtre à la douzième génération, Nicolas DARGENTON et son épouse Marie ROUX (Lire => Dans les pas de Nicolas DARGENTON (Sosa 2844).
    Cette fois je vous parle de leur fils aîné - qui lui aussi s’appelle Nicolas DARGENTON - et qui est mon ancêtre.
    Toujours dans la commune de Boynes, me voilà lancée dans les pas de Nicolas et de sa femme Marie LEGOUAS, qui vous le verrez, me réserveront une surprise.


    Nicolas DARGENTON a donc été baptisé (sans doute le jour même de sa naissance, l'acte ne le précise pas) dans l'église de Boynes le 6 octobre 1705. Il aura pour parrain Étienne DELACOUR et pour marraine Catherine ROUX, peut-être est-elle sa tante, je n'ai pas encore reconstitué toute la fratrie de sa mère.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de baptême de Nicolas DARGENTON - 1705 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Avant lui, les trois premiers enfants de ses parents sont morts en bas âge, et après lui viendront quatre autres enfants, dont seuls une fille et un garçon atteindront l'âge adulte. 

    Marie LEGOUAS elle, est la fille de Christophe LEGOUAS et Andrée FAUCONNIER.  Marie est née deux mois après lui, le 5 décembre 1705. Elle est le deuxième enfant de ses parents. Sa soeur Andrée, née un an avant elle n'a vécu que 8 jours. Sept autres enfants sont nés après elle : Christophe (7 janvier 1708), Madeleine (11 décembre 1708), Angélique (15 janvier 1710), Achille (9 mai1711), Marie Anne (9 octobre 1712), Andrée (5 avril 1714) et enfin Jacques (27 juillet 1715). Seuls Christophe, Marie Anne et peut-être Achille (que je ne suis pas sûre d'avoir retrouvé), survivront.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de baptême de Marie LEGOUAS - 1705 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Leur mère, Andrée FAUCONNIER, qui s'était mariée très jeune - elle avait 17 ans et lui 21 ans -  meurt tout aussi jeune, a seulement 30 ans, le 8 octobre 1716. Deux mois plus tard, c'est son fils Jacques qui est enterré dans le cimetière de Boynes, à peine âgé d'un an et demi. Marie n'a alors pas encore 11 ans (dans deux mois) et est l'aînée d'une fratrie dont la plus jeune, Marie Anne, fête ses 4 ans le lendemain de l'enterrement de sa mère...
    J'ai été assez étonnée de voir que Christophe LEGOUAS, devenu veuf a 35 ans, ne s'est apparemment jamais remarié...

    Nicolas et Marie ont tous les deux le même âge, 25 ans, quand ils se marient à Boynes, le 22 janvier 1731. Parmi les témoins sont cités leurs pères respectifs mais également Savinien DARGENTON, le frère de Nicolas, François FAUCONNIER, le grand-père de Marie, et François FAUCONNIER qui est l'oncle de Marie. Et quelques autres "qui ont signé"... en y regardant de plus près, je vois au moins Jacques DELABORDE et Valentin DAUDIER

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de mariage de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS - 1731 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Leur premier enfant est une petite fille qui nait le 3 septembre 1733, et en tant qu'ainée, elle portera le nom de sa mère, avec néanmoins un ajout, Marie Anne.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de baptême de Marie Anne DARGENTON - 1733 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Un fils vient au monde le soir du 18 janvier 1736. Il est baptisé le lendemain à l'église de Boynes et portera comme son père et son grand-père avant lui, le prénom de Nicolas, avec pour parrain Achille LEGOUAS (son oncle ?) et pour marraine Angélique LEGOUAS. L'acte m'apprend en même temps que Nicolas exerce le métier de laboureur... mais l'enfant mourra en bas âge 7 mois plus tard, le16 août de la même année.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de baptême de Nicolas DARGENTON - 1736 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    L'année suivante, au matin du 25 novembre 1737, un autre garçon nait et sera lui aussi nommé Nicolas, et celui-ci vivra. Son parrain est Guillaume VASSON et sa marraine Marie HARSANT. Cette année là, Nicolas est désigné comme étant charretier, et non plus laboureur.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de baptême de Nicolas DARGENTON - 1737 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Après lui arrive mon ancêtre Jacques (Sosa 744), le 2 janvier 1740. Cette fois, son père Nicolas exerce, comme son père avant lui, le métier de Voiturier.
    Puis une troisième garçon Pierre Marie, le 14 février 1743, mais qui ne vivra qu'un jour...

    Le 15 octobre 1745, leur aînée Marie Anne meurt à l'âge de 12 ans. Elle est inhumée au cimetière de Boynes le lendemain "munie du sacrement et de l'extrême onction, en présence de son père".

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de décès de Marie Anne DARGENTON - 1745 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes


    Enfin, une fille du nom de Marie "Michelle" sera la dernière de la fratrie en venant au monde le 8 août 1746.

    Je poursuis mes recherches dans les registres... pour finalement retrouver d'abord la mention du décès de Nicolas DARGENTON qui s'éteint à Boynes le 18 décembre 1760. Le lendemain "a été inhumé dans le cimetiere de cette paroisse le corps de Nicolas Dargenton mort hyer muni des sacrements agé de 56 ans en présence de Nicolas et Jacques Dargenton ses enfants, Savinien Dargenton son frère et Christophe Legouas son beau frère qui ont signé avec nous."

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de décès de Nicolas DARGENTON - 1760 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    En réalité, il avait alors plutôt 55 ans, ce qui reste jeune malgré tout...
    Son épouse lui survivra encore six ans. Je retrouve la mention de son décès, qui est survenu le 13 janvier 1766.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS
    Acte de décès de Marie LEGOUAS - 1766 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    "L'an 1766, le quatorze juin a été inhumée dans le cimetiere de cette paroisse Marie Legouas veuve de Nicolas d'argenton, décédée la veille âgée de soixante ans en présence de Jacques d'argenton son fils et de Jacques Delaborde son oncle qui ont signé excepté le dit jacques d'argenton qui a déclaré ne savoir écrire."

    Les enfants de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS

    J'aurais pu m'arrêter là dans mes recherches, mais j'ai voulu ensuite savoir ce que devenaient leurs enfants. Fait amusant, les mariages de leurs trois enfants "survivants" ont été célébrés la même année, à un mois d'intervalle les uns des autres ! Je doute que ce soit un hasard même si je ne l'explique pas.

    Mon ancêtre Jacques DARGENTON est le premier des trois à "ouvrir le bal des mariages" en épousant Marie-Barbe FONCE le 3 janvier 1767. Puis c'est son frère Nicolas qui se marie le mois suivant, le 24 février, avec Marie Madeleine TRIQUART. Et enfin leur soeur Marie "Michelle" se mariera à son tour le 2 mars 1767 avec Achille DANONVILLE.

    Puis j'ai naturellement voulu retrouver leurs enfants pour tous les trois et là... surprise ! Voilà que je découvre que Marie "Michelle" DARGENTON est aussi l'une de mes ancêtres directes !
    En effet, une de ses filles, Marie-Françoise Michelle DANONVILLE, sera la mère de mon ancêtre Marie GOURDON (sosa 177). Par ricochet, Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS sont donc "deux fois" mes ancêtres et viennent s'ajouter à la liste des implexes de mon arbre généalogique (Un implexe, c'est pour faire simple, un ancêtre qui apparaît plusieurs fois dans un arbre généalogique). Michelle DARGENTON devient donc ma "sosa 711" et la famille DANONVILLE entre dans mon arbre avec son mari Achille, qui devient mon "sosa 710".

    Je parlerais d'eux dans une chronique généalogique.

    Voilà un petit tableau récapitulatif de cet implexe :

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON et Marie LEGOUAS


    Note : J'ai en ma possession tous les actes de naissance et de décès des personnes citées dans cet article.
    S'il vous plait, si vous souhaitez mettre ces informations sur des sites comme Geneanet, Filae ou autre, ayez la politesse de citer mon article comme source de votre information sur les données correspondantes aux individus concernés. Merci d'avance :)

     


    votre commentaire

  • Voilà un moment que je n'avais pas écrit une nouvelle chronique généalogique. Me voilà de nouveau inspirée grâce une lointaine cousine retrouvée grâce aux réseaux sociaux, sur un groupe de généalogie. Je me lancée dans la branche des DARGENTON de Boynes. En effet, un de ses ancêtre, Nicolas DARGENTON, est un frère de l'un des mien, Jacques DARGENTON (Sosa 744, la 10ème génération pour moi... c'est un cousinage très très lointain !).

    J'avais déjà écrit une chronique sur Jacques "François" DARGENTON (Sosa 372), soldat de l'armée napoléonienne, modeste cultivateur de Boynes, qui a trouvé la mort loin de chez lui en Espagne dans une ville à l'identité incertaine... (=> Jacques "François" DARGENTON... E comme Espagne)

    **** **** **** ****

    Aujourd'hui je remonte jusqu'à la 12ème génération de mon arbre pour vous parler de l'arrière grand-père de François. Nicolas DARGENTON (mon Sosa 2976). Après quelques péripéties, que je vous détaillerais aussi car elles sont instructives, voilà ce que j'ai pu découvrir sur ce lointain aïeul.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON

    Originaire de la commune d'Estouy (Loiret), Nicolas DARGENTON est né vers 1671. Malheureusement, les registres paroissiaux d'Estouy étant très lacunaires pour cette période, je ne pourrais pas retrouver son acte de baptême. Il me faudra dans l'avenir, tenter de le retrouver dans les registres de catholicité, s'ils existent encore pour cette commune.
    Il est le fils de Rhéné (?) DARGENTON et Joanne (ou Jeanne) GAUCHET. Ce que j'ai appris grâce à son acte de mariage, qui, bien que très court, mentionne au moins la filiation des deux mariés. En revanche, toujours pour des raisons de lacunes dans les registres paroissiaux, je ne sais rien de sa fratrie.
    En revanche, sur l'acte de mariage, il est précisé que Nicolas est "domicilié au moulin de la porte en la commune d'Estouy", ce qui me permet de connaître un détail supplémentaire sur son lieu de vie. Et d'en avoir une idée plus précise en retrouvant cette carte postale.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON


    C'est à Boynes que Nicolas DARGENTON se marie avec mon ancêtre Marie ROUX, le 18 janvier 1700. Car c'est là-bas qu'est née le14 février 1677, sa future épouse. Marie ROUX, a 22 ans le jour de leur mariage, et est la fille de Philippe ROUX et Andrée CHERON.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Acte de mariage de Nicolas DARGENTON et Marie ROUX - 1700 -
    Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    De leur union nait une première fille le 12 février 1701 qui, comme le veut la coutume, est nommée comme sa mère, Marie. Leur deuxième enfant sera un fils, qui nait le 28 janvier 1703, et il portera bien sûr, le prénom de son père, Nicolas.
    Malheureusement, Nicolas meurt en bas âge, le 23 août 1704, le lendemain sa mère accouche d'une petite fille, Marie Louise, qui suivra son aîné quelques heures après sa naissance.
    L'année suivante, un second fils vient au monde, lui aussi sera appelé Nicolas. Celui-ci vivra, car il est mon ancêtre (Sosa 1488) puis une autre fille, Marie-Madeleine (le 25 janvier 1707), arrivera dans leur foyer. L'acte de naissance de cette dernière me donnera un nouvel élément sur son père, il y est précisé qu'il exerce le métier de voiturier.
    Le voiturier est, durant l'Ancien Régime et le XIXe siècle, une personne appartenant ou non à une corporation qui transportait voyageurs et marchandises par voiture attelée ou coche d'eau (définition du Trésor de la Langue Française)

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Acte de naissance de Marie Madelaine DARGENTON - 1707 - Registres paroissiaux de la commune de Boynes
    Dans lequel il est mentionné la profession de son père Nicolas DARGENTON.


    La petite Marie-Marguerite, qui nait le 18 juillet 1708, ne vivra que 3 jours et c'est ensuite d'un enfant mort-né le 5 mai 1709 que Marie accouchera. Enfin Pierre, nait le 14 mars 1710. Il sera le dernier fils du couple.

    Car un an plus tard, Marie ROUX meurt à son tour le 10 mars 1711, a seulement 34 ans. Elle laisse derrière elle un époux devenu veuf à 40 ans avec quatre jeunes enfants à charge.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTONActe de décès de Marie ROUX - 1711 -
    Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    C'est sans doute pour cela que Nicolas ne tarde pas à se remarier.

    En effet, Étiennette MILET devient la belle-mère de cette jeune fratrie le 8 juin 1711, trois mois à peine après l'enterrement de Marie. De quinze ans la cadette de Nicolas, Étiennette se retrouve à 25 ans, mère d'une famille de 4 enfants. Un veuvage si court peut choquer, mais il était en réalité très courant (voire systématique) qu'un veuf à charge de jeunes enfants se remarie aussitôt, la raison avancée en général est le soutien pour élever les enfants.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Acte de mariage de Nicolas DARGENTON et Étiennette MILET - 1711 -

    Registres paroissiaux de la commune de Boynes


    Le malheur frappe de nouveau la famille de Nicolas. La même année c'est l'aînée, Marie DARGENTON qui sera inhumée dans le cimetière de Boynes le 12 octobre 1711, elle n'avait que 10 ans.
    Avec Étiennette il agrandira néanmoins la fratrie avec l'arrivée d'un fils le 3 mai 1712, et qui sera nommé Savinien (un prénom assez rare dans mon arbre). Une petite fille qui restera anonyme naîtra également le 23 janvier 1714 et sera (sauf oubli de ma part) le dernier enfant du couple.

    Le 18 décembre 1736, Nicolas est de nouveau veuf, Étiennette est inhumée à Boynes le lendemain.
    Elle avait "environ 50 ans".

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Acte de décès de Étiennette MILET - 1736 -

    Registres paroissiaux de la commune de Boynes

    Et c'est là que je perds un moment, la trace de Nicolas DARGENTON... car il n'est pas décédé à Boynes. Il est donc partit ailleurs, mais où ? J'aimerais pourtant retrouver sa date de décès (qui me donnera un âge, approximatif ou non, me permettant de calculer son année de naissance). Il n'est nulle part dans les registres de Boynes, je suis coincée.

    Le piège des données en lignes...

    En général dans ces cas là - et uniquement dans ces cas là - je me tourne vers les sites généalogiques pour voir si éventuellement, quelqu'un l'a retrouvé. Mais personne ne semblait avoir ces deux informations. Et sur le moment, je n'ai pas pensé à Estouy (allez savoir pourquoi). Néanmoins, tout ça m'a permis de me conforter dans mon idée de me méfier comme de la Peste des données présentes sur les sites en ligne, qu'il ne faut jamais prendre au pieds de la lettre... explications...
    C'est ma "nouvelle cousine" qui grâce au site Filae retrouve alors la trace de deux enfants de Nicolas... en région parisienne. Coup de théâtre ! Je n'aurais jamais pensé à les chercher par là-bas ! (Merci à toi Nanoukath, si tu passes par là).
    En effet, Marie Madeleine DARGENTON se marie à Versailles dans la paroisse de St Symphorien de Montreuil avec Nicolas LANGUILLE, natif de Versailles... mais dont le patronyme est aussi dans mes branches loirétaines (à creuser !).

    Quand à Pierre DARGENTON, le cadet de Nicolas et Marie ROUX, alors journalier, il se marie le 28 août 1742 à Viroflay, dans les Yvelines avec Marie Madeleine EGLOU... c'est grâce à cet évènement que je vais avoir une nouvelle piste pour retrouver Nicolas... mais aussi que je vais être induite en erreur par les données du site (dans ce cas précis, Filae). Car je n'ai pas accès à l'acte lui-même, mais aux données brutes qu'une personne a retranscrites en fonction de ce qu'elle a lu ou cru lire (et c'est là que c'est problématique). Il est précisé assez laconiquement : "INFO PÈRE : Voiturier à Etouy (60)".
    J'ai été amusée que Nicolas se soit retrouver, selon Filae, à travailler dans un village de l'Oise du nom d'Etouy. Mais après tout pourquoi pas ? Il y a bien une commune nommée Etouy dans l'Oise (j'ai vérifié), et je l'ai appris, une branche collatérale des DARGENTON s'établira un petit moment non loin... alors vraiment, pourquoi pas ? C'était probable.
    Mais pourtant pas de traces de Nicolas dans les registres d'Etouy...
    Je cherche alors l'acte de mariage de Pierre et Marie Madeleine à Viroflay, histoire d'avoir l'acte sous les yeux et non pas seulement les données "retranscrites". Ce que j'aurais dû faire dès le départ, car je constate deux choses :
    La première, c'est que la mariée s’appelle Marie Madeleine EGLON et non pas EGLOU, il suffit de comparer dans d'autres mots la forme des N pour s'en convaincre. Et la deuxième c'est qu'il y est précisément écrit :

    "(...) Le 5 août en la permission de Nicolas Darjanton ancien voiturier demeurant au vaux paroisse d'étouy qu'il donne a son fils du premier lit Pierre Darjanton journallier de cette paroisse de Viroflay daté du 26 juillet 1742 et passé à l'étude daviot (?) notaire à Boynes de le marier avec Marie Magdeleine Eglon (...) "

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Extrait de l'acte de mariage de Pierre DARGENTON et Magdelaine EGLON -
    Registres paroissiaux de la commune de Viroflay (Yvelines)

    Aucune mention du département de l'Oise, donc, la personne qui a transcrit et mis ces données en ligne sur Filae s'est seulement contentée de supposer cette information en se fiant sans doute (sans vérifier) à l'orthographe employé (pourtant approximatif, bien que j'ai vu pire) ou en le copiant sur une autre personne qui l'a fait.
    Une information me fait soudain réaliser que ma première impression était une piste que j'aurais dû creuser (si j'avais pensé à aller chercher l'acte de mariage tout de suite avant de fouiller pendant des heures dans les registres d'Etouy dans l'Oise). Indépendamment du fait que Nicolas ait donner son accord par l'intermédiaire d'un notaire de Boynes - ce qui déjà en soi prouve qu'il ne vivait pas du tout dans l'Oise -  c'est surtout la mention des Vaux, qui est un lieu-dit de la commune d'Estouy... dans le Loiret, qui confirme le lieu de vie Nicolas avec certitude. Voilà qui est plus logique !

    Le retour à Estouy...

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Carte de l'état major (1820-1866) - Source : Géoportail

    Ni une ni deux, me voilà parcourant les registres paroissiaux d'Estouy. Et j'y retrouve Nicolas DARGENTON.
    Sa vie s'achève aux Vaux où il était donc parti s'installer en tant que voiturier. Il est inhumé au cimetière d'Estouy le 18 février 1751, en présence de son fils aîné Nicolas DARGENTON et de deux autres témoins, Étienne TRIQUART et Michel BULTÉ.

    Dans les pas de Nicolas DARGENTON
    Acte de décès de Nicolas DARGENTON - Registres paroissiaux de la commune d'Estouy (Loiret)

    C'est finalement grâce à son acte de décès que j'ai pu donner une année de naissance approximative, car il est précisé qu'il avait environ 80 ans le jour de son décès.

    Les enfants de Nicolas DARGENTON...

    Mon aïeul Nicolas DARGENTON aura donc eut 10 enfants de deux lits différents.
    Six d'entre eux mourront en bas âge.
    Parmi les quatre autres, deux seulement resteront à Boynes. D'abord mon ancêtre Nicolas DARGENTON, lui aussi voiturier, qui se mariera le 22 janvier 1731 avec Marie LEGOUAS.
    Son demi frère, Savinien DARGENTON, se mariera à Boynes également, le 2 septembre 1737 avec Françoise PERDIGEON. L'un et l'autre y resteront toute leur vie.
    Marie Madeleine DARGENTON, devenue domestique, se mariera par deux fois à Versailles, d'abord avec Nicolas LANGUILLE en 1730 puis avec Jean RIMBERT dix ans plus tard.
    Son frère cadet Pierre DARGENTON partira s'installer à Viroflay (dans les Yvelines) où il se mariera avec Marie Madeleine EGLON.


    Ce que j'aimerais faire dans un avenir proche pour compléter mon"dossier" :


    - Voir si je peux retrouver l'acte de naissance de Nicolas dans d'éventuels registres de catholicité.
    - Retrouver du même coup sa fratrie
    - Aller faire quelques photos dans la vallée d'Estouy, notamment aux Vaux et au Moulin de la Porte, dès que je peux sortir librement de chez moi.
    - Me rendre au cimetière d'Estouy voir s'il reste (on ne sait jamais) quelques tombes très anciennes (on ne sait jamais !).


    En conclusion, cette histoire m'aura aussi rappeler pourquoi je ne veux pas me contenter de copier les arbres fait par d'autres. Je préfère très largement faire mes propres découvertes dans les archives. Les sites en ligne ne me sont utiles que lorsque je suis irrémédiablement coincée sur une branche et qu'un ancêtre semble avoir disparu des radars. Et à la condition de vérifier l'information, cet exemple sur ce qui est donné sur Filae est un parfait exemple, certains donnent des informations qui ne sont visiblement même pas inscrites dans les registres eux-mêmes, induisant en erreur ceux qui recherchent l'information.
    Et puis "copier un arbre" ce n'est pas "faire son arbre"... ça retire selon moi toute la magie des recherches et des découvertes.
    Mais comme quoi, même après 23 ans de recherches en archives, on peut encore céder parfois à la facilité et se faire piéger par des informations erronées. On ne m'y reprendra plus !

    "TOUJOURS VÉRIFIER LES DONNÉES" devrait être le mantra de tous les généalogistes :)

    Note : J'ai en ma possession tous les actes de naissance et de décès des personnes citées dans cet article.
    S'il vous plait, si justement vous souhaitez mettre ces informations sur des sites comme Geneanet, Filae ou autre, ayez la politesse de citer mon blog comme source de votre information sur les données correspondantes. Merci d'avance :)

    Merci encore à ma "cousine très éloignée", qui m'a relancée sur cette branche et m'a donner des informations que je n'aurais pas retrouvées sur les branches parties en dehors du Loiret. J'ai hâte de continuer notre entraide sur cette branche DARGENTON.

     

     

     

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires